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lundi 18 juillet 2011

Egypte : La place Tahrir réinvestie !

Egypte : La place Tahrir réinvestie !


Quatre mois après avoir chassé leur président du pouvoir, les Egyptiens ne sont pas satisfaits de l’évolution des événements, trop de reliquats du régime de Moubarak subsistent encore. Les Egyptiens sont donc retournés place Tahrir, épicentre des rassemblements anti-régime, où des heurts ont opposé dans la nuit de mardi à mercredi 29 juin, des manifestants aux forces de police. Des échauffourées plus limitées ont continué mercredi matin, notamment aux abords du ministère de l'Intérieur, placé sous haute protection policière. Des petits groupes de manifestants ont continué à lancer des pierres sur la police qui ripostait avec des gaz lacrymogènes.

Ces affrontements sont parmi les plus graves survenus au Caire depuis le départ, le 11 février, de Hosni Moubarak. Ils ont fait, selon des chiffres officiels, entre 70 et 80 blessés, dont de nombreux policiers. La sécurité égyptienne a évalué à 4.000 environ le nombre de manifestants au cours de la nuit. Les incidents, selon des témoins, ont impliqué la police, des manifestants proches des mouvements ayant contribué à renverser Moubarak et des partisans de l'ancien chef d'Etat.

L'armée, qui dirige désormais le pays, a publié sur le réseau social Facebook un communiqué dénonçant une tentative de « déstabilisation » de l'Egypte. « Les regrettables incidents survenus place Tahrir mardi soir jusqu'à l'aube mercredi, n'ont d'autre raison que de vouloir déstabiliser la sécurité de l'Egypte », affirme le Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA). Un responsable de la « Coalition des Jeunes de la Révolution », qui fédère plusieurs groupes pro-démocratie, Hossam Eddine Ammar, a, quant a lui, accusé « les éléments loyaux envers l'ancien régime ». Des témoins ont également mis en cause les Baltajis, civils armés de bâtons et de couteaux, parfois acheminés en bus et rappelant les méthodes de l'ancien régime pour créer des troubles et intimider les opposants.

Les incidents ont débuté mardi soir, en marge d'une cérémonie dans un petit théâtre du centre du Caire, à la mémoire des victimes du soulèvement anti-Moubarak des mois de janvier et février. « Des heurts ont éclaté suite au refus des policiers de laisser entrer au théâtre les personnes venues soutenir les familles des martyrs », a écrit le militant pro-démocratie Arabawy sur son blog. Ces affrontements se sont produits quelques heures après l'annonce de la dissolution par la justice des conseils municipaux élus sous Moubarak et massivement dominés par les partisans de l'ancien régime.

Par ailleurs, l'armée est de plus en plus ouvertement critiquée pour la manière dont elle gère la transition. « Le peuple veut la chute du régime », scandaient certains manifestants, exigeant la démission du maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, chef du Conseil Suprême des Forces Armées qui gouverne le pays depuis la chute de Moubarak. De nombreuses voix se sont élevées pour demander le report des élections législatives prévues en septembre, estimant qu'elles pourraient voir les Frères musulmans rafler la mise, par manque de préparation des autres partis politiques. Le débat est houleux autour du calendrier de la rédaction de la nouvelle constitution et de la place de la religion dans les institutions. Des appels ont été lancés pour une grande manifestation le 8 juillet, afin de relancer les idéaux démocratiques du soulèvement anti-Moubarak.

http://www.partiantisioniste.com/actualites/egypte-la-place-tahrir-reinvestie-0785.html

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