
Palestine / ONU : Israël rejette la proposition de Sarkozy
Nicolas Sarkozy a proposé mercredi 21 septembre, dans un discours prononcé à l’ONU (New York), un « compromis » afin de parvenir à un accord définitif entre Israéliens et Palestiniens d'ici à un an : « un mois pour reprendre les discussions, six mois pour se mettre d'accord sur les frontières et la sécurité, un an pour parvenir à un accord définitif ». Il suggère également aux Palestiniens un « statut intermédiaire d'Etat observateur » à l'ONU, statut dont seul le Vatican bénéficie. Ce statut permettrait aux Palestiniens de participer aux travaux des institutions internationales. Ainsi, ils pourraient présenter des recours contre la colonisation israélienne devant la Cour pénale internationale (CPI). Pour éviter une telle procédure et tenter de rassurer les dirigeants israéliens, le Président français a appelé les Palestiniens à « réaffirmer le droit à l'existence et à la sécurité d'Israël », et à s'engager « à ne pas utiliser ce nouveau statut pour recourir à des actions incompatibles avec la poursuite des négociations ».
De leur côté, les Israéliens devront faire preuve d' « une même retenue » et « s'abstenir de gestes qui préjugent du statut final ». D’après Sarkozy, il s'agit d'une étape « intermédiaire », susceptible de désamorcer un affrontement aux Nations Unies si les Palestiniens persistaient à vouloir présenter au Conseil de sécurité une procédure d'admission à l'ONU d'un Etat de Palestine, procédure « destinée à l’échec » selon Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, puisque les Etats-Unis ont averti qu'ils opposeraient leur veto.
Les propositions de M. Sarkozy ont été accueillies « positivement » par les dirigeants palestiniens, qui se sont déclarés « prêts à les étudier de manière approfondie et positive », selon Yasser Abed Rabbo, secrétaire général de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Le négociateur palestinien Nabil Chaath a déclaré mercredi que les Palestiniens allaient « donner du temps » au Conseil de sécurité pour qu’il statue sur leur demande d'admission à l'ONU d'un Etat palestinien avant d'explorer d'autres voies, comme se tourner vers l'Assemblée générale. Il a indiqué que si la demande était bloquée en raison de la position de certains membres de l'ONU dont les Etats-Unis, les Palestiniens s'adresseraient à d'autres institutions internationales, y compris la Cour internationale de Justice.
Le Président américain Barack Obama a opposé un « no comment » aux journalistes qui l'interrogeaient sur la proposition française. Ben Rhodes, l'un de ses conseillers chargé de la sécurité, a ensuite jugé les propositions de Sarkozy « importantes » et « constructives ». Mais, il a aussi observé que les deux dirigeants n'étaient pas d'accord sur le rôle des Nations Unies dans le dossier palestinien. « On peut relever des nuances tactiques, mais nous avons les mêmes objectifs stratégiques, c'est-à-dire la reprise sans délai des négociations de paix », a commenté pour sa part l'Elysée.
Israël a opposé, ce vendredi 23 septembre, une fin de non recevoir à la proposition du Président français Nicolas Sarkozy, quelques heures avant la demande officielle d'admission à l'ONU d'un Etat de Palestine. « Il s'agit d'une fausse bonne idée, car il est impossible de brûler les étapes en accordant un Etat aux Palestiniens quelle que soit son appellation », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien Yigal Palmor. « Un Etat palestinien ne peut résulter que d'un accord avec Israël, on ne peut pas mettre la charrue avant les bœufs », a-t-il ajouté. D’après l'ambassadeur palestinien à l'ONU, Riyad Mansour : « Pour Israël, la création d'un Etat palestinien ne peut survenir qu'avec la fin du conflit et le règlement définitif de tous les contentieux, mais il y a une autre approche qui considère l'Etat palestinien comme une condition à des négociations, comme une plate-forme pour d'autres revendications. Il est impossible qu'il y ait un Etat palestinien et que ce soit à partir de là que l'on commence à négocier ».
Ce vendredi, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a présenté au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, la demande historique d'adhésion à part entière d'un Etat de Palestine à l'ONU, malgré d'intenses pressions depuis des mois pour l'en dissuader. Il a ensuite tenu un discours à la tribune de l'ONU, très applaudi. « Nous allons aller de l'avant, en dépit des obstacles et des pressions, car nous voulons obtenir nos droits. Nous sommes le seul peuple au monde encore sous occupation », avait affirmé, jeudi soir, M. Abbas lors d'une rencontre avec une délégation d'Américains d'origine palestinienne. Il a aussi affirmé que la colonisation israélienne était « en train de détruire » une solution à deux Etats, lors de son discours devant l'Assemblée générale de l'ONU. Il s'est dit « prêt à revenir immédiatement aux négociations », sur la base des lignes de 1967 et sous condition d'un gel de cette colonisation.
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