
Bahreïn : Une commission enquête sur la répression des manifestants
Mercredi 29 juin, les autorités bahreïnies ont chargé une commission de cinq membres dont des juristes de renommée internationale, d'enquêter sur la sanglante répression du mouvement de contestation au régime qui s’est déroulée entre février et mars 2011, et qui fut vivement dénoncée par l'opposition et les ONG. Al Wefaq, le principal groupe d’opposition, a émis des réserves quant à la période qui a été retenue (février et mars). En effet, la répression s’est poursuivie jusqu’en juin…
Créée par un décret du roi Hamad Bin Issa al-Khalifa, la commission présidée par Mahmoud Chérif Bassiouni, expert international en droit pénal, est chargée d' « enquêter sur les événements survenus à Bahreïn en février et mars » et doit soumettre ses conclusions dans un délai de quatre mois, délai « n'excédant pas le 30 octobre ». Selon le texte du décret, la commission aura « libre accès à toute personne qu'elle jugera utile », y compris des représentants de la société civile, des membres de l'opposition et « des présumées victimes et témoins des prétendues violations des droits de l'Homme ». « Le gouvernement ne doit s'immiscer, d'aucune manière, dans le travail de la commission », laquelle pourra recommander de « faire juger toute personne, y compris des responsables ou des fonctionnaires » impliqués dans des violations des droits de l’Homme, afin d' « empêcher une réédition des événements » survenus dans le pays.
S'exprimant lors d'une réunion extraordinaire du Conseil des ministres, le roi a déclaré que la commission mènera sa mission « en toute indépendance, sans aucune ingérence » dans son travail. Il a appelé ses ministres à « coopérer sans aucune réserve ». « Il n'y aura aucune indulgence à l'égard de quiconque dans les cas avérés de violations des droits de l'Homme », a précisé le roi, qui s'est dit « déterminé à rétablir la confiance » dans le pays afin de relancer le processus de réformes.
Philippe Kirsch, un avocat canadien et ancien président de la Cour Pénale Internationale (CPI), et Sir Nigel Simon Rodley, membre de la Commission des Nations unies pour les Droits de l'Homme, font partie de cette commission. L'annonce de la création de cette commission d'enquête est intervenue deux jours avant l'ouverture, prévue samedi 02 juillet, d’un dialogue national demandé par le roi afin de relancer les réformes politiques après la répression de la contestation.
Malgré une normalisation apparente, la tension reste vive dans le pays où une vague de licenciements et de poursuites judiciaires touchant notamment les opposants, a été dénoncée par les organisations de défense des droits de l'Homme. Dans un geste d'apaisement, le souverain a décidé, par décret, de dessaisir les tribunaux d'exception de toutes affaires et procès en cours au profit des tribunaux civils, auprès desquels peuvent être introduits des recours. Le procureur militaire a annoncé la libération « des membres du personnel médical et des sportifs accusés de délits » pendant la contestation, expliquant qu'ils devraient être jugés en état de liberté, « selon les procédures en vigueur ». « Sur trente sportifs et cadres sportifs détenus, quinze ont été libérés » le 29 juin, a indiqué une source du milieu sportif à Manama, ajoutant que d'autres devraient être libérés le même jour ou le lendemain. « Les autorités concernées ont libéré certains détenus » a indiqué le roi Hamad Bin Issa al-Khalifa lors de son intervention au Conseil des ministres, admettant qu'il « est du droit des citoyens de s'exprimer par des moyens pacifiques ».
La vague de contestation populaire et sa répression ont fait vingt-quatre morts selon Manama, et trente-sept selon l’opposition. Depuis, quatre manifestants sont morts alors qu’ils se trouvaient en détention…
http://www.partiantisioniste.com/actualites/bahrein-une-commission-enquete-sur-la-repression-des-manifestants-0791.html
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