
Libye : « Il est temps de trouver un compromis avec les autorités libyennes… » (Général Desportes)
Le général de division Vincent Desportes, connu pour sa liberté de parole (il fut rappelé à l'ordre en juillet 2010 pour avoir publiquement critiqué la façon dont était conduite la guerre en Afghanistan), estime dans une interview donnée au JDD qu'il est désormais « temps de trouver un compromis avec les autorités libyennes ». Le général Desportes, Saint-cyrien et ancien directeur de l'École de guerre, explique : « Nous sommes partis en Libye comme les Américains en Irak en 2003, ou Israël face au Hezbollah en 2006, en estimant que notre puissance létale suffirait aisément à produire des résultats politiques […] Le pari risqué de gagner très rapidement, sans avoir à engager de troupes au sol, dont de toute façon nous ne disposons plus en nombre suffisant, n'a pas fonctionné… ».
Selon Vincent Desportes : « Depuis le début de cette guerre, on espère, chaque jour, que de simples actions supplémentaires de bombardement suffiront à faire tomber Kadhafi. Nous avons, à nouveau, oublié qu'il est impossible de produire des effets politiques durables par le recours à la seule arme aérienne ». Il ajoute que « Dans le cas de la Libye, il n'est pas impossible que l'on ait confondu guerre et maintien de l'ordre. La puissance militaire a été utilisée comme une compagnie de gendarmes mobiles ».
Selon le général : « L'objectif initial de la coalition […] était parfaitement réalisable. Mais, dès lors que l'on s'est lancé dans une démarche de nature politique, à savoir la chute de Kadhafi, on s'est engagé dans un processus très ambitieux par rapport aux moyens que l'on pouvait déployer ». Il poursuit : « Mon impression est que la réflexion stratégique initiale a été imparfaite : sur la finalité possible de l'intervention, pour le moins ambiguë, sur les capacités politiques et militaires de la rébellion que nous avons surestimées, sur la force et la résilience des pro-Kadhafi que nous avons sous-estimées, et sur cette insurrection générale que nous espérions et qui ne s'est jamais déclenchée. Si l'analyse stratégique avait été conduite à son terme, plus de cent dix jours et plus de 110 millions d'euros après le début de l'offensive, nous ne serions pas dans une situation si délicate et incertaine. Il semble subsister en France, parfois à très haut niveau, une méconnaissance de ce que sont vraiment la guerre et la stratégie ».
Interrogé sur un engagement de la France en Libye au-delà de 2011, le général Desportes répond : « Cette hypothèse me paraît ridicule. Pour l'emporter rapidement, sauf coup de chance […], il faudrait une offensive terrestre forte de plusieurs dizaines de milliers d'hommes, ce qui est strictement impossible […] Nous sommes désormais en Libye dans une situation difficile et dans une démarche d'escalade ». Il se dit par conséquent « persuadé qu'il est temps de trouver un compromis avec les autorités libyennes, mais pas forcément d'arrêter immédiatement les bombardements ».
« Cette possibilité d'arrêter immédiatement les bombardements devra faire partie des éléments de négociation », conclut le général, précisant : « A l'heure qu'il est, nous ne pouvons plus attendre indéfiniment que le régime de Kadhafi tombe… ».
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