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mardi 10 avril 2012

Pourquoi Mohamed Merah a-t-il été exécuté hors cadre judiciaire ?


Pourquoi Mohamed Merah a-t-il été exécuté hors cadre judiciaire ?


Par Abdellah Ouahhabi, journaliste, ancien réalisateur homologué de la télévision française.

Indiscutablement, le jeune Français, Mohamed Merah, a commis des actes criminels inexcusables.
Personnellement, je penche pour la thèse du délire psychologique pathologique : on ne tue pas des gens en filmant. On ne tue pas des enfants quelle que soit leur religion. Ces deux points sont, à mon avis, des symptômes de situation de maladie mentale.
D’un point de vue rationnel, il ne pouvait pas non plus espérer s’en sortir, avec toutes les polices françaises à ses trousses.
Je trouve son profil totalement trouble : il a voulu s’engager dans l’armée française, puis plus particulièrement dans la légion –une armée d’étrangers rémunérés pour tuer au nom la France. Il est allé en Israël et aussi dans un certain nombre de pays chauds du Moyen-Orient, dont l’Afghanistan, où il aurait été contrôlé par l’armée américaine et relâché !

Il n’est pas exclu qu’il ait été manipulé (par qui ?) et qu’il ait échappé à ses manipulateurs.
De toute façon, l’affaire a eu une suite logique : le criminel fou est coincé dans un appartement. Un représentant du gouvernement a parlé avec lui pendant plusieurs heures. Les plus hautes autorités ont été représentées sur place, étaient informées du contenu de ces entretiens, brièvement repris par le ministre de l’Intérieur devant la télévision. 
Alors que va faire l’Etat pour clore l’affaire ?
Il sait que si le criminel fou est capturé vivant, il aura le choix entre deux attitudes : soit le considérer comme malade mental et le remettre pour le restant de ses jours aux institutions médicales, soit le considérer comme responsable et alors l’Etat devra le juger… et l’entendre reformuler ses « motifs ».


On sait, par les mots du ministre de l’Intérieur, ce qu’aurait dit ce dément criminel : « j’ai tué des militaires français parce qu’ils sont envoyé en Afghanistan pour tuer de « vrais » musulmans et j’ai tué des enfants Juifs, donc attachés à Israël, parce que l’Etat d’Israël tue fréquemment des enfants palestiniens. »
Or, ces griefs auraient été repris par la presse sans que personne n’accepte les conclusions et le passage à l’acte de Mohammed Merah. Ils auraient interpellé beaucoup de Français, musulmans ou non. Que faisons-nous en Afghanistan ?

Pourquoi la France et l’Union Européenne restent-elles timorées face aux crimes de masse de l’Etat israélien, y compris face à l’assassinat fréquent des enfants palestiniens ?
L’Etat français a trouvé intolérable de poser ces questions, même en association avec les gestes criminels d’un dérangé mental.


Des policiers spécialisés dans la capture de forcenés ont tous expliqué qu’il était possible de lui tendre une souricière à l’extérieur de l’appartement… dans la cage d’escalier par exemple. Dans une rue déserte… Moi-même en tant que réalisateur, j’ai assisté à l’arrestation d’un caïd de grand banditisme, proxénète par ailleurs dans une rue parisienne animée : cela prend à peine trois secondes ; cela va tellement vite que nous n’avons pas eu le temps de fixer LE moment sur la vidéo !
Le GIGN pouvait aussi l’enfumer comme un rat avec des grenades lancées par des lance-grenades à travers les fenêtres, l’assommer de gaz asphyxiant ou le cueillir à la porte en lui tirant dans les jambes, les bras ou les épaules : on a vu la précision du snipper du GIGN qui lui en a placé une dans la tête alors qu’il s’agissait d’une cible mobile.

Ces deux possibilités étaient celles qui permettaient de le prendre vivant pour le juger… en lui donnant la parole bien-sûr, avant de le condamner. C’était là une perspective réelle, totalement à portée de la police.
Bien-sûr, rien ne pouvait l’empêcher de se suicider avant toute intervention ou pendant l’enfumage. Mais ce suicide aurait été sa décision personnelle et son geste. Or un tel suicide n’était pas envisagé à aucun moment des entretiens entre la police et le forcené.
Il apparaît donc que la décision de le tuer avait été forcément prise en tant que telle, en recourant à une approche frontale en force, une intervention non intéressée par la mise hors combat du criminel vivant, suivie par son arrestation.


Le choix de l’assassinat par le Président de la République Sarkozy a permis par la suite au CRIF, de récupérer les évènements tragiques et de taire le fait que la France a eu 80 soldats français morts en Afghanistan pour l’intérêt d’Israël, de taire qu’Israël a tué des enfants palestiniens… comme l’a opportunément rappelé Madame Catherine Ashton, ministre des Affaires étrangères de l’Union Européenne. 
Ce choix a permis de passer comme une lettre à la poste le fait que les enfants ont été « rapatriés » en Israël, c’est-a-dire que la patrie de certains Français n’est pas la France, mais Israël.


Mohammed Merah a fait l’objet d’un crime d’Etat, en présence d’un procureur de la République –celui de la juridiction spéciale, expéditive, dite de l’anti-terrorisme. Il faut savoir que pour cette juridiction aux pouvoirs étendus, aux dépens des accusés, le soupçon vaut preuve.
Mohamed Merah a fait l’objet d’une exécution extra judiciaire, décidée par les plus hautes autorités de l’Etat, c’est-à-dire par monsieur Sarkozy, couvert sur place par un représentant d’une juridiction spéciale aux droits exorbitants.
Le père du criminel fou a totalement raison : la France est un grand pays. Une fois le forcené localisé et à partir du moment où celui-ci n’a pas décidé de se suicider, l’Exécutif avait tous les moyens de le rependre vivant, de le juger, de l’entendre et de le condamner.
A titre d’exemple, le Danemark a voulu et pu arrêté Anders Behring Breivik ; il a fait expertiser sa santé mentale et il a jugé ce tueur qui a fait plus de 70 victimes –dont des adolescents­ !


L’Etat français a le droit et l’obligation d’appréhender les coupables de crimes pour les juger, les condamner et pour exécuter les sentences… dans un cadre légal. 
Il n’a pas le droit de les tuer pour éviter les procès publics. L’Etat français n’a pas le droit de tuer même les criminels les plus monstrueux. Il n’a pas le droit de fabriquer de toute pièce des situations de fausse « légitime défense » pour justifier des assassinats extra-judiciaires.
Mais dirigé par Sarkozy, l’Etat ne croit pas en ses propres arguments pour justifier la présence de l’armée française en Afghanistan et pour justifier son soutien au colonialisme de la chimère de droit international qu’est l’Etat d’Israël, pour justifier le fait qu’il ne condamne pas avec la véhémence requise les crimes d’enfants palestiniens.

Sarkozy a délibérément fait tuer un criminel pour faire l’économie du procès et pour éviter de répondre à des questions corollaires soulevées par cette affaire. 
Normalement, toute la chaîne de commandement de cette exécution extrajudiciaire –y compris le Président, y compris son ministre de l’Intérieur et y compris le procureur de l’anti-terrorisme– devrait être déférée en justice et répondre de ce crime d’Etat … si la justice était indépendante…
Le père du forcené a le droit de demander des comptes à l’Exécutif parce que celui-ci est en faute. Une faute capitale : une exécution extra-judiciaire délibérée pour couvrir des impasses politiques majeures de l’Exécutif.


A la différence de notre ministre des Affaires étrangères Juppé qui a un casier judicaire, je suis solidaire du père de cet enfant de la France, pris d’une maladie meurtrière : dans un Etat de droit, il n’y a pas de crime aussi abominable soit-il qui puisse se punir en dehors d’un procès de justice, selon les normes internationales.
Je salue la décision des autorités algériennes d’avoir refusé l'enterrement de Mohamed Merah en Algérie, quelques horribles que soient ses crimes, cet enfant perdu est un enfant de la France ; il doit être enterré chez lui, dans son pays, la France. Il ne sera pas enterré à l’étranger…

Abdellah Ouahhabi

URL : www.partiantisioniste.com/articles/1084

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