
Syrie : « Si le plan de paix réussit, Israël subira une défaite stratégique ! » (Ex-chef du Mossad)
Dimanche 1er avril 2012, avait lieu à Istanbul la 2ème conférence des soi-disant « Amis de la Syrie ». De nombreux Syriens, voyant à travers ce groupe des ennemis plutôt que des amis, s’étaient rassemblés à Istanbul.
Suite à cette conférence, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a déclaré mercredi 4 avril : « Si parallèlement au soutien du plan de Kofi Annan, les « Amis de la Syrie » organisent à Istanbul des réunions dans le but de persuader l'opposition syrienne de renoncer aux négociations, cela entravera les efforts déployés pour mettre un terme aux violences qui se poursuivent dans le pays ». Il a ajouté : « Il est clair comme de l'eau de roche que, même si on armait l'opposition jusqu'aux dents, elle ne battrait pas l'armée syrienne, et on aurait alors juste un carnage pendant de longues années, une destruction mutuelle ». Tandis que son vice-ministre Mikhaïl Bogdanov précisait : « le peuple syrien ne considère pas le groupe appelé "Amis de la Syrie" comme étant ses amis, et ne le voit pas d'un bon œil ».
Le plan de règlement de la crise syrienne proposé par Kofi Annan a été adopté par le Conseil de sécurité, et selon les autorités syriennes il sera mis en application à compter du 10 avril. Il est composé de six points, dont la cessation des combats. D’après Efraim Halevy, ancien chef du Mossad, l’entité sioniste subira sa plus grande défaite stratégique en cas de succès de ce plan qui, au grand dam d’Israël, n’envisage pas la chute du Président Bachar al-Assad…
Dans un article publié lundi 2 avril dans le Yediot Aharonot, l’ancien chef du Mossad a en effet estimé que « si la mission de Kofi Annan réussit, si la paix se rétablit en Syrie, si le monde accepte la survie du régime d’Assad dans le berceau Téhéran et si la Turquie, la Russie, la Chine, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne acceptent d’appliquer le plan d’Annan, nous connaitrons alors la défaite stratégique la plus cuisante depuis la création d’Israël ». Il a ajouté : « Si tout cela s’applique sans qu’Annan prenne en considération les intérêts d’Israël, la défaite sera accrue. Le gouvernement israélien doit faire face à ce défi politico-sécuritaire, mais il est jusqu'à présent silencieux ».
Toujours selon Efraim Halevy, « le plan d’Annan a fait d’Assad un partenaire principal dans la résolution de la crise syrienne, après qu’il ait été la source du problème ». Cependant, « l’Iran est devenu l’allié stratégique des puissances mondiales dans les efforts visant à trouver une issue à la crise syrienne. Un des objectifs de l’Iran commence à se réaliser avant même le début des négociations nucléaires, à savoir devenir une puissance régionale au Moyen-Orient » a-t-il poursuivi.
L'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, est attendu le 10 avril à Téhéran pour discuter de la crise syrienne, tandis que le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem rencontrera le même jour à Moscou son homologue russe, Sergueï Lavrov.
La volonté des soi-disant « Amis de la Syrie » (dont la France, la Grande-Bretagne, le Qatar, l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis sont les principaux acteurs) d’armer l’opposition syrienne alors que le plan de paix proposé par Kofi Annan a été adopté par le Conseil de sécurité – dont certains membres sont aussi « amis de la Syrie » ! – montre, une fois de plus, le double langage de l’Occident. D’un côté on appelle toutes les parties syriennes au dialogue politique et à l’arrêt des combats, et de l’autre on arme des opposants ! A quoi joue-t-on ?
Parti Anti Sioniste
URL : www.partiantisioniste.com/articles/1088
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire