
Pourquoi Sarkozy souhaite-t-il l’extradition vers la France de l’ancien bras droit de Kadhafi ?
Le colonel Abdallah al-Senoussi, chef des services de renseignements libyens durant 30 années du règne de Kadhafi, a été arrêté samedi 17 mars à Nouakchott (Mauritanie). La France, la Cour pénale internationale (CPI) et la Libye ont demandé son extradition. Curieusement, ce n’est pas seulement la Libye qui exige qu’il lui soit livré, mais aussi la France qui s’acharne pour qu’il soit extradé au motif qu’elle voudrait le faire juger pour son implication dans l’attentat contre le DC10 UTA en 1989, qui avait fait 170 tués dont 54 français.
Selon les services de renseignements, ce motif n’est pas suffisant pour expliquer l’acharnement français pour le faire arrêter et livrer. « Senoussi est la boite noire de Kadhafi et connait les dessous de toutes les sales affaires, les complots d’assassinats ourdis, voire la marque des sous-vêtements que portait Kadhafi,… », a indiqué Naemane ben Othmane, expert des questions libyennes du centre de recherche londonien Quilliam (Quilliam foundation) pour le quotidien londonien arabophone al-Quds al-Arabi. Ben Othmane est aussi un ancien militant du groupe islamiste combattant, allié de la nébuleuse Al-Qaïda.
Des responsables libyens affirment que Senoussi détient des informations sur l’aide que l’ancien guide libyen avait offerte à Nicolas Sarkozy en 2007, alors qu’il était candidat à l’élection présidentielle et les détails de ses liens avec les pays occidentaux. « Il est le témoin principal d’une corruption financière de grande envergure et de transactions qui concernent un grand nombre de dirigeants et d’États dont la France », confie une source importante d’un service de renseignement arabe au journal, avant d’ajouter : « il sait tout sur l’affaire Lockerbie et l’accord qui s’en est suivi, sur l’affaire de l’explosion de l’avion UTA et surtout, sur les circuits d’argent et de financements de campagnes présidentielles par Kadhafi ».
Mais Ben Othmane est catégorique, c’est surtout Sarkozy qui est le plus intéressé par l’arrestation de Senoussi, pas seulement pour faire remonter sa côte de popularité en pleine campagne présidentielle en présentant l’homme comme étant le responsable de l’explosion de l’avion UTA. De nombreux responsables des services de renseignements arabes partagent ce point de vue. Ils s’attendent à ce que le président français sortant demande le transfert de Senoussi vers une prison française, pour empêcher qu’il ne soit jugé en public et ne dévoile que Kadhafi lui a payé la somme de 50 millions de dollars pour sa campagne électorale, par le biais d’un réseau très complexe et ultra secret de banques et de sociétés.
Interrogé par le journal londonien, une source diplomatique française a nié ces informations en bloc, affirmant que justice devrait être faite : « nous voudrions faire livrer Senoussi, il sera capable de parler dès qu’il sera traduit en justice, ces assertions ne sont que des bavardages et des balivernes, cette théorie du complot ne tiendra pas », a-t-elle signifié.
L’an dernier, le fils de l’ancien leader libyen, Seïf-el-Islam avait confirmé à Euro News, la contribution généreuse de son père au financement de la campagne présidentielle de Sarkozy, exigeant que l’argent soit restitué au peuple libyen. On se souvient qu’en 2007, au lendemain de l’élection présidentielle, la première affaire étrangère que Sarkozy et son ex-épouse aient pris en charge était une affaire libyenne, celle des infirmières bulgares accusées d’avoir inoculé le virus du sida à des enfants libyens.
Selon le haut-responsable du renseignement arabe, « Sarkozy ne pourra dormir sur ses deux oreilles avant le transfert de Senoussi en France ». Le bureau de Sarkozy avoue que son arrestation « est le fruit d’une coopération entre les renseignements mauritano-français ». Selon la source arabe proche du service de renseignements arabe, « la France ne veut en aucun cas le livrer aux autorités libyennes. C’est elle qui l’a séduit pour qu’il quitte le Mali puis lui a tendu un guet-apens. Il était au nord du Mali sous la protection du gouvernement. Il a été attiré en Mauritanie après un accord entre les services de renseignements français et mauritaniens », confirmant ainsi la version française officielle des faits (rapportée par le site en ligne du journal algérien al-Akhbar). Il ajoute que : « c’est une unité spéciale française qui a œuvré pour son arrestation. Elle est entrée en contact avec la tribu mauritanienne des Maaddani en qui Senoussi avait pleinement confiance puisqu’il l’avait financée et lui avait donné la nationalité libyenne. Elle l’a persuadée d’inviter Senoussi chez elle ».
Que cache l’exigence de Sarkozy à vouloir extrader Abdallah al-Senoussi vers la France, notamment en période électorale, alors qu’il pourrait fort bien être jugé en Libye ou par la Cour Pénale Internationale ?
Parti Anti Sioniste
URL : www.partiantisioniste.com/articles/1075
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